Ce second tour des élections législatives est une toute nouvelle campagne. C’est pour moi l’occasion de faire le bilan des actions passées et, plus encore, de vous expliquer le projet que je mettrai en place, si vous m’accordez votre confiance, dès le lendemain de mon élection.
Sur une large partie de la circonscription et plus particulièrement ici en Asie du Sud-Est, de nombreux compatriotes ont eu de grandes difficultés à reprendre une vie normale après la crise du COVID-19, une crise aux effets souvent dévastateurs, tant bien humainement que économiquement parlant. Comme vous, j’ai moi aussi eu à partager ces difficultés, ayant été bloqué de longs mois en Chine.
Ainsi, et fort de mon expérience et de vos nombreux témoignages, je proposerai d’organiser des assises de la protection sociale des Français de l’étranger. Ces assises permettront de dresser le bilan précis des actions menées par les services, mais aussi et surtout, de repenser les missions et l’accompagnement destinés à notre communauté des Français de l’étranger. Malgré les engagements répétés de notre ministre, Franck Riester, ce projet, ambitieux et pourtant si juste, est resté lettre morte.
Concernant la CFE, (la Caisse des Français de l’étranger) qui peut être définie comme la « sécurité sociale des expatriés », je me dois, avec lucidité, de vous dire que la loi Genetet, votée en 2018 et en application depuis 6 ans déjà, a amenée à des effets négatifs et qu’il convient, en urgence, de revoir et d’adapter cette loi.
De plus et en amont de cette grande réforme, il sera impératif que l’Inspection générale des Finances et l’Inspection générale des Affaires sociales puissent mener des audits. Là aussi, et malgré les engagements de l’État, le Ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, n’a pas donné suite à nos demandes. Je me mobiliserai pour mener à bien ces inspections, seules garantes d’une meilleure transparence.
J’aurai aussi à cœur de mener une large consultation des adhérents de la CFE pour recueillir leur avis, entendre leurs propositions et porter, collectivement, d’ambitieux projets de réforme. Cette Caisse est d’abord la nôtre, et il est vital que chacun puisse s’exprimer aussi bien sur les tarifications proposées que sur les mécanismes et conditions de remboursement.
Ainsi, en cas d’augmentations tarifaires pour certains pays, j’exigerai désormais que soient obligatoirement consultés, en amont, vos représentants et élus de proximité, les Conseillers des Français de l’étranger, et qui prendront désormais une place importante dans les délibérations du Conseil d’administration de cette Caisse.
Le camp présidentiel, avec le soutien de Mme Genetet, a déjà engagé la privatisation de la CFE. Je me battrai contre.
Pour plus de justice sociale et d’efficacité, je proposerai que des recettes spécifiques, dont les contributions CSG-CRDS que les retraités français de l’étranger sont contraints de payer, soient directement affectées au budget de la CFE.
Je proposerai qu’un nouveau mécanisme de solidarité s’applique à la CFE pour lutter contre le vieillissement et la dépendance des adhérents à cette caisse. Est-il normal que les entreprises françaises qui emploient des jeunes en Volontariat international n’aient pas l’obligation d’assurer leurs employés à la CFE alors même que c’est l’État qui finance ces volontariats ?
Mes chers compatriotes, vous l’aurez compris à la lecture de ces quelques propositions, mon engagement et mon ambition est de défendre et de réformer en profondeur la CFE. Il est temps de la rendre plus démocratique, plus représentative et, plus encore, qu’elle redevienne l’outil principal de la protection sociale des Français de l’étranger, ce qui signifie que la CFE doit désormais être pleinement intégrée dans la gestion de l’État. Il nous faudra, collectivement, trouver le statut adéquat lui permettant de ne pas être soumise à une concurrence venant d’assurances privées, car cela n’a pas de sens.
Nombreuses sont vos attentes et vous pouvez compter sur ma détermination.
Franck Pajot