L’après Covid en Chine

Les années épidémiques ont été éprouvantes pour la communauté française en Chine, pour nos amis chinois également. Les difficultés révèlent parfois le meilleur. Elles soudent les gens. C’est un peu ce qui s’est passé en Chine pendant le COVID. Fédérée par ceux qui étaient là, par l’Ambassade et les services consulaires, par les élus de proximité qui sont restés, par les enseignants, la communauté française a fait preuve d’une solidarité qui a permis de mieux faire face et de nouer des amitiés solides.

La communauté d’affaires a aussi vécu des moments difficiles : l’épreuve sanitaire d’abord ; les épreuves humaine et économique ensuite. L’approvisionnement en masques, pour les équipes en Chine, puis en soutien de la France. La baisse parfois drastique d’activité, dans les services par exemple. Le départ des familles. L’impossible retour. La chute radicale des vocations pour venir travailler en Chine. Les soutiens des CCE et de la Chambre de Commerce et d’Industrie France Chine, ont été remarquables. Ils ont permis de partager l’information, de communiquer avec les autorités chinoises, d’assurer des logistiques très difficiles, avec notamment l’organisation des vols charters. Deux mots résument ce qui a été décisif dans les moments les plus rudes : proximité et solidarité. Deux mots qui résument aussi les valeurs de notre engagement politique.

Le COVID est passé. Les QR codes omniprésents, les tests PCR quotidiens, les confinements ciblés et imprévisibles, les confinements généralisés comme à Shanghai ou Urumqi, sont presque oubliés. En tout cas, ils sont effacés des discours. Notre vie en Chine n’est cependant pas revenue comme avant. Le numérique a fini d’envahir le quotidien, mais pas seulement. Les durcissements politiques et diplomatiques des ÉtatsUnis, de l’Union Européenne, de la Chine : de HongKong à l’Ukraine, en passant par les loups combattants, laissent des traces profondes. Le pays du milieu est la deuxième économie du monde, et sa principale puissance industrielle. Elle est aussi marquée par les difficultés du secteur clé de l’immobilier, par les évolutions structurelles des chaînes d’approvisionnement, par un endettement intérieur massif.

C’est dans ce contexte nouveau que la France célèbre le 60 ème anniversaire de ses relations diplomatiques avec la République Populaire. Même si les menaces sont nombreuses, nous pensons que notre pays doit maintenir ses liens étroits et privilégiés avec la Chine. Elle doit continuer de le faire dans un esprit d’ouverture, mais aussi avec une grande lucidité, et sans naïveté. La France doit continuer de cultiver son excellence en Chine : l’aéronautique, les énergies bas carbone, la filière agro-alimentaire, le luxe, etc. Avec l’Union Européenne, elle doit aussi savoir protéger ce qui doit l’être, comme la Chine a su remarquablement le faire quand elle n’avait pas encore retrouvé les forces qui sont les siennes aujourd’hui. La France doit également, et impérativement, se nourrir des innovations et des ruptures technologies Chinoises. Sans elles, l’Union Européenne dans son ensemble court le risque de n’être que la spectatrice de la transformation de pans économiques entiers.

Ouverture, aux remarquables innovations de la Chine ; Lucidité, sur l’état des forces en présence ; sans Naïveté, sur les efforts à faire pour retrouver la souveraineté et la force industrielle dont la France et l’Europe unies auront besoin pour être un pôle d’attractivité du XXI ème siècle, non pas contre, mais aux côtés des États-Unis et de la Chine. Voilà notre ambition exigeante du nouveau cycle des relations économiques entre nos deux pays.