Monsieur Macron, que faites vous pour les Francais de Chine ?

le temps de nous faire entendre

Lettre ouverte à E. Macron sur la situation des Français en Chine

Alors que plus de 50 Français sont prisonniers des quarantaines sanitaires en Chine, que 4500 de nos compatriotes de Shanghai n’ont pas pu exercer leur droit de vote dimanche 10 avril en raison des confinements imposés par les autorités chinoises, que les familles continuent d’être séparées, certaines depuis plusieurs années, les députés et ministres de la majorité présidentielle, censés nous représenter, porter nos demandes et y répondre par des solutions concrètes, préfèrent encore la politique électorale et les médias, à la politique de terrain au service des Français.

La situation très difficile dans laquelle se trouvent nos concitoyens à Shanghai doit nous faire réfléchir sur le rôle profond des Députés des Français de l’Étranger. Ils ne sont pas simplement les membres d’un parti, les rouages d’un appareil dirigé depuis Paris. Ils doivent porter vos demandes auprès des autorités de l’État et des représentations diplomatiques, apporter des solutions, être le caillou dans la chaussure qui pousse à agir. C’est ce que j’ai fait et que je continuerai à faire.

Dès le 10 mars 2022, j’avais alerté Jean-Baptiste Lemoyne, ministre chargé des Français de l’étranger, sur la nécessité de faire le maximum pour obtenir au plus vite des autorités chinoises l’autorisation de faire vacciner nos compatriotes, en particulier les plus âgés et les plus fragiles, avec un vaccin à technologie mRNA, pour qu’ils soient mieux protégés. A ce jour mon courrier est resté sans réponse. On nous prie de croire que tous les efforts auraient été menés, en vain. Pourtant, la communauté espagnole a pu se faire vacciner avec de tels vaccins importés, tout comme nos enseignants français et nos diplomates.

On nous affirme qu’une vaccination en masse aurait pu « heurter des sensibilités chinoises ». Serait-ce à dire que la vaccination d’une partie seulement de notre communauté des Français de Chine, ne heurte pas la communauté tout entière ? Qu’est-il arrivé au principe d’égalité ?

Depuis le 1er avril, la ville de Shanghai est entièrement confinée à la suite de la flambée du variant Omicron. La politique zéro-Covid mise en place par les autorités chinoises oblige les 25 millions d’habitants de la ville à rester chez eux, seuls les travailleurs essentiels pouvant circuler. Les familles et les enfants sont séparés en cas de positivité au virus et tout simplement enfermés dans des centres de quarantaine aux conditions très dures.  Durant ces derniers jours, nos compatriotes nous ont fait part de leur angoisse, de leur impuissance et des difficultés croissantes à s’approvisionner en eau potable et en nourriture.

A cette situation insupportable, s’ajoute le sentiment de voir ses droits affaiblis. Les 4500 inscrits sur les listes électorales ont été privés de leur droit de vote ce dimanche et aucune solution n’est encore envisagée pour le second tour de l’élection présidentielle. Voilà un État bien impuissant qui ne peut garantir le droit de vote de ses propres concitoyens. Depuis 2019, les prisonniers français peuvent voter par correspondance, et ils ont pu participer par ce moyen à l’élection présidentielle de cette année. N’aurait-il pas pu être possible d’imaginer un système similaire pour nos compatriotes de Shanghai, détenus bien malgré eux ?

De la même manière, les élèves du Lycée Français de Shanghai et leurs familles font face au  risque de ne pas pouvoir passer leurs examens du bac en juin comme prévu, en raison des restrictions sanitaires  Les élèves scolarisés à  Pékin s’en inquiètent également, étant donné la progression rapide de l’épidémie en Chine. On nous explique que « le problème est résolu » puisque les lycéens pourront passer leurs examens en septembre et que cela n’impactera pas leurs choix sur Parcoursup. On nous précise que la prise en compte du contrôle continu est impossible par principe d’égalité ! Les auteurs de ces réflexions ont-ils pensé aux nombreux élèves qui s’orientent vers des cursus à l’étranger, au Canada, aux États-Unis en Angleterre et dont les universités n’attendront pas les résultats de septembre ? Pour ces cas, on nous rétorque que les élèves peuvent « s’inscrire aux examens en France ». Pourquoi ne pas organiser des sessions d’examen virtuelles, sous la surveillance vidéo des enseignants  ?

Enfin il y a tous ceux qui souhaitent tourner la page et rentrer en France, mais qui sont dans l’impossibilité de prendre un vol parce qu’ils sont bloqués par les quarantaines et les enfermements.  Il faut qu’une solution de type charter avec embarquement sécurisé soit trouvée pour eux. Donnons-leur la liberté de retourner en France.

Le candidat Emmanuel Macron dit être “avec nous”. Pourtant, durant la campagne, le gouvernement n’a pas écouté les demandes des Français de l’étranger. C’est pourquoi, nous exigeons de la part du gouvernement :

●  Qu’en vertu du principe d’égalité tous les Français de Chine, et en particulier les plus fragiles, puissent être vaccinés avec un vaccin homologué par l’Agence européenne du médicament.
●  Qu’une solution de vote par correspondance soit trouvée pour les Français de Chine ne pouvant se déplacer à l’urne en raison des restrictions sanitaires.
●  Que des sessions d’examen virtuels sous la stricte surveillance vidéo des responsables éducatifs puissent être proposées aux élèves des Lycées Français de Chine ou qu’une prise en compte du contrôle continu soit réalisée pour l’obtention de l’examen.
●  Qu’un rapatriement soit organisé pour les Français installés à Shanghai qui souhaitent retourner en France.

Franck Pajot, Une France pour tous